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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 18:27
Coutumes

autour des différentes étapes de la vie,

années 1945-1950

 

Naissance et baptême, mariage

 

Aucune coutume spéciale à propos de la naissance. Il y a dans chaque village une femme spécialisée dans les accouchements. On a encore recours à elle aujourd'hui dans maints villages.

 

Le baptême a lieu le plus vite possible. Pour l'aîné de la famille, fille ou garçon, l'usage est de prendre comme parrain la grand-père paternel et comme marraine la grand-mère maternelle. Pour le suivant, on prend les deux autres grands-parents pour les suivants les oncles et tantes. Jamais ou très rarement d'étrangers à la famille.

 

Choix du prénom. On donne presque toujours aux enfants les prénoms de leur parrain ou marraine, ce qui fait que, dans une même famille, plusieurs frères et soeurs peuvent avoir le même prénom. Mais, pour un même prénom, il y a quantité d'équivalents ou de diminutifs en basque. Ainsi, pour Jean: Joanes, Johane, Manech, Ganich-haurra, Kayet, Manez, Manez-haurra...

Gracianne ou Gracieuse, Grazi, Graxi, Graziana, Graxiana, Geaxina, Geaxine, Geaxinaño, Gaxuxa etc...

 

Xuriketak, Picabea

 

Une superstition (et non une pratique religieuse) qui a encore cours dans certains endroits, veut qu'on ne nettoie pas le crâne de l'enfant durant toute la première année (sans doute parce que l'eau baptismale a coulé dessus) ou parce qu'on a peur de toucher la fontanelle sous peine de faire un péché ou d'attirer le mauvais sort sur l'enfant. On doit lui laisser cette croûte «krisma».

La nouvelle accouchée ne passait pour la première fois le seuil de sa maison que pour se rendre à l'église pour les relevailles. Aujourd'hui certaines femmes suivent encore la coutume des relevailles. La nouvelle accouchée se tient au fond de l'église, un cierge à la main. Le prêtre s'avance vers elle; elle prend dans l'autre main un pan de l'aube du prêtre et tous deux se rendant devant l'autel où le prêtre récite des prières. Dans certaines paroisses où la coutume s'était complètement perdue, le curé a remplacé cette cérémonie individuelle par une cérémonie collective le 2 février, jour de la Purification de la Vierge (Chandeleur). Les femmes qui ont eu un enfant dans l'année se rendent à l'église. Au sujet de la naissance, la coutume de la «couvade» attribuée aux Basques et que j'ai vue dans un film documentaire sur le Pays Basque, est tout à fait fausse. Le terme basque qui désignerait cette coutume n'existe pas. Aussitôt l'enfant né, le père se mettait au lit à la place de sa femme, prenait l'enfant dans ses bras et recevait les compliments et les cadeaux du voisinage. On n'a jamais entendu parler de cela au Pays Basque.

 

Les fiançailles: pas de coutume spéciale pour marquer les fiançailles. Les jeunes gens se choisissent eux-mêmes. Jusqu'à présent, les sexes étaient nettement séparés à l'église (ils le sont encore) sur la place du village, dans les repas de fêtes, dans les divertissements (les hommes seuls dansent les danses authentiques). On ne voyait pas de groupes de jeunes gens et jeunes filles mêlés, ou se rendant ensemble à un bal ou au cinéma. Le jeune homme allait faire sa cour à la jeune fille le Samedi soir; on dit qu'il va «emaztegaika». Cette coutume se pratique encore dans les villages reculés où les jeunes gens n'ont pas occasion de se retrouver: pas de bal par exemple. En dialecte souletin, le Samedi s'appelle «nexkenegun»: jour des filles.

 

Emaztea iturrian, Picabea

 

 

Le mariage: Actuellement, aucun usage spécial. Cérémonie à la mairie, en suivant à l'église, puis repas de noce qui dure plusieurs heures. Un souper a lieu vers 10h ou 11h du soir, où sont invités en plus des invités du matin, des jeunes gens et des jeunes filles. Avant le départ pour la mairie et pour l'église, les hommes s'attablent pour un petit déjeuner déjà très substantiel: en général bouillon et sauce de veau.

Une coutume aujourd'hui disparue et qui revit dans les cavalcades de St Jean-Pied-de-Port, et d'Estérençuby est «etxe sartzea». Les personnes qui me l'ont racontée et y ont pris part elles-mêmes parlent de l'époque 1900-1910, encore quelques-uns jusqu'en 1920. La coutume a dû disparaître complètement à la grande guerre. Deux ou trois jours avant la noce, on transporte dans la maison où va habiter le jeune couple le mobilier et le trousseau qu'apporte le conjoint nouveau venu. Le défilé comprend: charrettes attelées de vaches en grande tenue; sonnailles; mantes de toile rayée, sur lesquelles sont placé les meubles, matelas, trousseau, pioche, râteau ou quenouille et fuseaux. Un mouton enrubanné offert par le parrain de la mariée; jeunes filles portant sur leur tête des corbeilles remplies de provisions offertes par les invités; volailles, gâteaux à la broche, bouteilles de vin vieux. Un bon repas est donné à tout ce monde («present baskaria»). La couturière et le menuisier font partie du cortège.

Détail: jusqu'à ces dernières années le prêtre n'avait qu'un anneau à bénir, l'homme n'en portant pas. A la sortie de la cérémonie, j'ai vu autrefois des enfants (petits bohémiens surtout) fleurir l'allée du cimetière par où sort le cortège et faire la quête en présentant aux invités une assiette garnie de fleurs. Dans certains villages, le nouveau marié, va pendant une période de plusieurs mois, faire office de sacristain à l'église.

Il y a au Pays Basque une mentalité particulière qui choque les étrangers. D'abord c'est la réserve extrême des époux en public. Jamais un mari ne donne le bras à sa femme, ne la tutoie (cela dépend des dialectes; j'ai entendu pour la première fois un mari tutoyer sa femme dans mon premier poste d'institutrice et cela m'avait terriblement choquée). Jamais mari et femme ne se rendent ensemble à l'église, au marché. L'un va à la première messe, l'autre à la seconde. Même dans les petites villes, on ne voyait pas dans notre enfance, mari et femme se promener ensemble le dimanche avec leurs enfants. La femme sortait avec ses enfants, le mari avec ses amis.

 

Aitatxi haurrekin

 

Le mari est le maître de la maison, la femme prend place après lui, mais pour tout ce qui touche à son domaine propre, ménage, enfants, jardinage, basse-cour, elle est indépendante et mène cela à sa guise. Il ne faut pas croire qu'elle est, comme dans certains pays, une esclave, mais une égale qui prend part à de durs travaux quand il le faut. Personne n'aurait l'idée de trouver cela répréhensible. Autrefois, la suprématie du maître était marquée davantage; seuls les hommes prenaient leurs repas à table, la femme prenait le sien au coin du foyer et servait son mari et ses enfants. Aujourd'hui encore, les repas plantureux qui ont lieu à l'occasion de la mort du cochon réunissent les hommes seuls. Les femmes de la maison sont occupées à cuisiner et mangent ensemble à la cuisine tandis que les hommes sont servis dans la Salle «Sala».

A l'église, places différentes pour les deux sexes. Les hommes montent aux «galeries». Ils sortent les premiers de l'église. Les jeunes filles, les enfants et les femmes récitent avec le prêtre quelques invocations supplémentaires. Quand elles sortent, les jeunes gens ont déjà commencé à jouer à la pelote et les autres entrent à l'auberge. Les femmes font les provisions à l'épicerie ou caquettent sous le porche.

La coutume du «charivari» qui existe encore, est en somme une moquerie, un châtiment dans certains cas touchant à la vie conjugale: adultères (rares au Pays Basque) mari se laissant mener par sa femme, veuf se remariant. Pour éviter ce châtiment, la personne visée peut payer une certaine somme à la jeunesse du village, organisatrice du charivari. C'est un vacarme nocturne de sonnailles, de chaudrons et de marmites. Un charivari terrible et tragique (il se terminera par la mort d'un jeune homme et par l'internement d'un autre devenu fou) eut lieu à Hasparren en 1949 ou 1950. Aujourd'hui, dans le cas d'adultère, on se contente, pendant la nuit, de faire «berdura», la jonchée de verdure ou une traînée à la chaux de la porte d'un domicile à l'autre.

Dans le même genre que le charivari «asto lasterka» course aux ânes montés par des jeunes gens qui ont donné naissance aux parades charivariques "«oberak», spectacles pittoresques qui se donnent encore à Louhossoa et à Macaye.

 

Kurutzea, attelage, Picabea

 

La mort

 

De nombreuses traditions ont été conservées, surtout dans le Labourd. Ce sont de véritables rites, dont les détails varient un peu d'une partie à l'autre du pays.

Le Basque attend la mort sans effroi, avec résignation et sérénité. D'ailleurs le cimetière fait partie du paysage, on va visiter et fleurir les tombes de la famille tous les dimanches et dans de nombreuses circonstances de la vie.

Une croyance ancienne et tenace dit que, lorsque la sonnerie de l'élévation coïncide avec les heures de l'horloge, quelqu'un va mourir. On sonne le glas pendant l'agonie. Dès que la personne est morte, on ferme tous les volets de la maison. Un membre de la famille va avertir les abeilles à la ruche:«Abeilles, votre maître est mort». Si on ne le fait pas, on prétend qu'elles s'en vont ou qu'elles pleurent. Le premier voisin et sa famille viennent aider à la toilette du mort et à l'installation de la chambre mortuaire. On verse 3 gouttes de cire sur le corps pour, dit-on, retarder la décomposition; on lui met le chapelet entre les mains. On voile les miroirs, on garnit le lit et les murs de la chambre de beaux draps ou de belles nappes à rayures bleues. Sur la chaise au pied du lit est posé un linge spécial à raie bleue pour recevoir le crucifix. La veille de l'enterrement, le voisin va chercher la croix à l'église. Le glas sonne durant tout le trajet jusqu'à son retour à la maison.

La veillée funèbre est assurée par les deux voisins et quelques membres de la famille.

La levée du corps par le clergé se fait à la maison même, si elle n'est pas très éloignée; sinon le cortège de l'enterrement arrive jusqu'à un endroit déterminé où le prêtre va à sa rencontre. Le cortège marche sur un seul rang dans certains villages et sur un double rang dans d'autres. En tête vient la croix portée par le premier voisin, puis le cercueil porté par les hommes du voisinage; le deuil conduit par un voisin suivi du plus proche parent, puis les parents par ordre de parenté décroissant. Ensuite les hommes qui assistent à l'enterrement, puis les femmes; enfin le deuil des femmes qui clôt le cortège et marche dans le même ordre que celui des hommes: première voisine, proches parentes puis autres parentes. Les hommes portaient autrefois une grande cape à collet; ils portent aujourd'hui une espèce de grand pan noir plissé qui descend du dos et qui s'enroule sur le bras gauche. Les femmes sont entièrement dissimulées dans la grande cape noire (genre cape de religieuse) la capuche et le voile rabattu devant le visage.

 

Eliza Saint Jean 2 Picabéa

 

Cérémonie: Après l'Évangile (le jour même des obsèques dans certains endroits, le dimanche suivant dans d'autres) le prêtre lit les noms des familles qui ont donné des messes. (Une personne bénévole a pris les noms avant l'enterrement, les jours qui précèdent et recueilli l'argent). Les membres de la famille, les filleuls et filleules du défunt, puis les parents éloignés, les amis, la plupart des familles du village. Plus la famille est nombreuse et considérée, plus elle a de messes. Chaque famille à son tour doit «rendre» la messe à l'occasion d'un décès. Après ce moment de la cérémonie, une des femmes du deuil va, un cierge à la main, baiser la croix que le prêtre lui présente au bas de l'autel. Elle est suivie par des personnes qui, ne pouvant donner une messe entière, donnent une offrande, une participation. Dans certains endroits, des garçonnets portant des cierges se tiennent de chaque côté du catafalque.

 

Inhumation: Dans la plupart des villages de la campagne, le clergé va seul enterrer le mort. Dans d'autres, les assistants défilent devant la tombe et jettent un peu de terre sur le cercueil. Après la cérémonie, on se range sous le porche de l'église et le deuil serre la main des assistants qui défilent devant lui.

Au retour, devant la maison mortuaire, le deuil se rassemble autour d'un petit tas de paille auquel on met le feu. On récite quelques prières et on pénètre dans la maison pour le repas. Le repas a lieu au domicile même où à l'auberge si le domicile est éloigné. On retient à dîner la parenté qui est venue de très loin, on renoue contact avec ceux qu'on avait pas vu depuis longtemps. Le repas peut être assez abondant, mais ne doit comporter comme dessert que du fromage (ni gâteaux ni crème). A la fin du repas, tout le monde se lève et récite une prière, puis on se sépare.

Tous les matins, pendant une neuvaine, une messe est dite pour le défunt. Autrefois tout le deuil s'y rendait; maintenant 2 ou 3 femmes de la famille, avec la cape comme pour l'enterrement. La place de la famille en deuil est marquée à l'église par un tapis noir placé sous la ou les chaises et le petit panier avec le rat-de-cave qu'on allume pendant la messe.

Le dimanche qui suit l'enterrement («ondoko-igandea») le deuil au complet (comme pour le jour des obsèques) se rend en cortège à la grand' messe et en sort de même.

Tous les dimanches après l'Évangile, le prêtre annonce les messes de la semaine. Les familles qui ont un deuil récent écoutent pour savoir leur jour. Durant tout le temps qu'il y aura des messes, un ou plusieurs membres de la famille (et souvent les enfants) viendront y assister. Le tapis noir et le ruban de cire resteront sous la chaise pendant 1 an, certains disent 13 mois.

Le premier anniversaire de la mort, autrefois même les 4 ou 5 premiers, sont marqués par une messe à laquelle assiste tout le deuil en tenue comme le jour de l'enterrement (pas les hommes). Dans plusieurs circonstances de la vie, on offre des messes pour les défunts, la veille d'un mariage par exemple. Le jour de la Toussaint, les femmes se rendaient aux vêpres des morts en cape, le cierge ou le petit rat-de-cave allumé.

 

Louhossoa 1 Picabéa

 

Tombes: Les plus anciennes sont les discoïdales qui ne portent en général pas d'inscriptions, mais des ornementations (Étude de Colas: la tombe basque avec planches illustrées). On les trouve surtout dans le Labourd: chapelle N.D. de Socorri, Arcangues, Arbonne, Louhossoa, Cambo. Dans la Basse-Navarre, ce sont surtout des croix avec inscriptions. Quelquefois les noms des personnes, mais le plus souvent le nom de la maison. La tombe fait partie de la propriété; elle est vendue en même temps que la maison.(il y a eu quelquefois des litiges à ce sujet). Aujourd'hui, lors d'un contrat de vente, si l'on tient à garder la sépulture, on spécifie que la tombe n'est pas vendue en même temps que la maison.

Les tombes sont en général très bien entretenues. On vient les désherber et les fleurir tous les samedis soirs ou le dimanche matin avant la messe. Tous les dimanches après les offices, on ne quitte pas le cimetière sans se recueillir et prier sur la tombe de la famille. Une personne de passage dans son village natal pour une occasion quelconque ou revenue après une longue absence, ne manque pas d'aller se recueillir sur la tombe. Le premier communiant et les invités vont rendre visite à la tombe après la cérémonie.

 

Enterrement des enfants: Ce sont des petits garçons ou des petites filles de blanc vêtus qui portent le cercueil, les couronnes et les bouquets de fleurs blanches. La cérémonie a lieu l'après midi. Dans certains villages, seules la famille y assiste; dans d'autres, l'assistance est plus nombreuse. On sert ensuite un goûter aux enfants.

 

Aldude plaza Picabéa

 

Le foyer

L'amour de la terre

Les coutumes successorales

 

La maison basque n'est pas qu'une habitation; le terme englobe l'habitation, les terres, bois, landes dans la montagne, bordes, chalet pour le berger dans les hauts pâturages, la place à l'église, la tombe.

On désigne la famille par le nom de la maison et non par celui de la famille. Les enfants apprennent le leur et ceux de leurs camarades à l'école. D'ailleurs ce nom de famille n'est usité qu'à l'école, au service militaire, et dans les pièces d'état civil. Dans le village, les gens connaissent le leur, mais ignorent bien souvent les noms des autres familles. (Remarque: les noms de familles étaient à l'origine des noms de maisons ou de lieux-dits). Jusqu'à une date récente, les tombes portaient le nom de la maison. Par ex. Elizondoko hobia, tombe de (la maison), Elizondoa. Les messes données aux enterrements portaient le nom de la maison: ex: Haramburuko familia, la famille de la maison Haramburua.

L'héritier de la maison «etcheko-premia» ou l'héritière «anderegaia» est l'aîné, fille ou garçon. En général, un héritier se marie avec une cadette, et une héritière avec un cadet. L'époux qui entre dans la maison «kampotik jina: venu du dehors», apporte quelquefois une petite dot. Même si c'est un homme, on le désigne à partir de ce moment-là par son prénom et le nom de sa nouvelle maison.

Pour conserver l'unité du patrimoine, le Pays Basque avait le droit d'aînesse, l'aîné pouvant être fille ou garçon. Depuis le Code Civil qui institua le partage égal des biens les Basques, pour conserver intacte et entière leur maison, ont tourné la loi en instituant le 1/4. L'héritier a droit au 1/4 de la valeur de la propriété, puis le reste est partagé en parts égales. Quand les vieux font de leur vivant le 1/4 à l'héritier ou à l'héritière, le conjoint qui rentre remettait aux vieux sa dot en contrepartie. Jusqu'à leur mort, les revenus étaient partagés à moitié avec eux. Si le 1/4 est fait après la mort des vieux, les jeunes gardent la dot. Elle leur sert à dédommager les frères et soeurs. Pour donner «leur part» aux autres, la dot et les économies y passent et quelquefois, le couple héritier s'endette pour de nombreuses années. Un cadet qui reste célibataire peut rester à la ferme et y travailler, en laissant sa part dans la masse.

 

Forges Bankan, Picabea

 

Les cadets se marient dans d'autres fermes, ou prennent un métier. D'autres montent un troupeau de moutons. Les uns se font prêtres, ou vont tenter fortune aux Amériques.

Les jeunes filles se placent, entrent en religion, ou se marient en ville. Jusqu'à présent, très peu de Basques se faisaient fonctionnaires. Quelques élèves doués que l'instituteur signalait, se faisaient instituteurs à leur tour.

La maison qui reste ainsi dans la famille (avec tout ce qu'elle renferme: meubles, linge, vaisselle, bétail, outils de travail) est estimée à très bas prix afin que les parts à donner ne soient pas trop fortes. Les frères et sœurs acceptent cela. Il arrive rarement que l'un soit plus exigeant et oblige enfin de compte à vendre la maison, ce qui est considéré comme un désastre.

Quand un couple, n'a pas d'enfant, il prend un héritier, en général parmi ses neveux et nièces. On dit que ce dernier est «fait héritier»: «ondoki ina». La suite de la maison est ainsi assurée.

Les domestiques font partie de la famille; ils mangent à la table familiale, prennent part aux joies et aux deuils. Autrefois, il y en a qui passaient tout le restant de leur existence dans la famille où ils étaient entrés en service.

 

Le voisinage. Le rôle des voisins est très important dans de nombreuses circonstances: mariage, mort. On considère comme premier voisin celui dont les terres touchent la propriété, même si la maison est assez éloignée, à droite en allant vers l'église; le deuxième voisin est celui de la propriété suivante, toujours à droite vers l'église.

Profond attachement à la maison et à la terre, amour de la famille et le plus souvent, famille nombreuse, respect de l'autorité du chef de famille, fidélité conjugale, séparation des sexes dans les manifestations de la vie collective, culte des morts, attachement aux traditions, sont les traits principaux de la mentalité basque au point de vue familial et social.

 

 

Mandoak 2, Picabea

 

Sorcellerie, légendes

et mythologie basque

 

Gestes maléfiques concernant les personnes, les animaux; les moyens de s'en débarrasser, traces anciennes d'un culte avant le christianisme. Légendes et mythologie basque.

 

Sorcellerie: Le Pays Basque fut à une époque, infesté de sorcières. Un magistrat du Parlement de Bordeaux, de Lancre, fut chargé de la répression de la sorcellerie en 1609 et fit exécuter des centaines de sorcières ou soi-disant sorcières «sorginak».

 

Akelarrea: la lande du bouc. Le terme désigne le lieu où se réunissaient les sorcières et le sabbat lui-même. On parle «d'akelarre» à Saint Michel, une maison «Akelarrea» à Mendionde, le «château des sorcières» à Saint-Pée (en ruines).

 

Gestes maléfiques: de toutes ces histoires de sorcellerie qu'on s'est transmises oralement, il est resté des superstitions, la crainte du mauvais sort sur les gens ou sur les bêtes. Les renseignements ci-dessous concernent des croyances qui ont subsisté jusqu'à il y a une trentaine d'années environ, et une ou autre encore de nos jours.

On attribuait le don malfaisant des sorcières aux femmes âgées à l'oeil rouge «begi-gorri». Quand on entendait chanter le coq à minuit, on disait que le diable n'était pas loin.

Pour conjurer le mauvais sort ou éloigner le diable, il fallait faire la croix, en fermant la main droite avec le pouce passé entre l'index et le majeur, en disant:

Pues pues

Aparta Satan

Berrhogoi-ta hamar ixtapetan

Harato

Pues pues

va-t-en Satan

cinquante enjambées

plus loin.

 

Gizon bat, Picabea

 

On faisait brûler à minuit, à un carrefour, les traversins dans lesquels on avait trouvé des plumes en croix ou recroquevillées. Quand le mauvais sort était tombé sur une maison, maladies, troubles nerveux chez les gens, épidémies chez les animaux, on s'adressait à un «astea» sorte de guérisseur ou de sorcier bienfaisant ou à un «salutadore». Ce terme, d'origine espagnole est surtout appliqué au 7e fils d'une famille de 7 frères, qui a des pouvoirs surnaturels. Le signe distinctif est une croix de poils sur le dos.

On s'adresse à un «salutadore» pour guérir «le mal du roi» le zona; il promène le malade sur son dos en faisant 9 fois le tour de la pièce. Actuellement, ce pouvoir de guérir le zona est attribué aux veuves et aux personnes qui ont eu déjà la maladie, et qui promènent à leur tour les malades sur leur dos.

Il existe aujourd'hui quelques «guérisseurs» mi-charlatans, qui, à des pratiques relevant un peu de la sorcellerie, joignent une connaissance approfondie des plantes avec lesquelles ils fabriquent des tisanes bienfaisantes. On les appelle quelquefois «Jainko-ttipi»: le petit Bon Dieu.

On croyait que la sorcière, avant de mourir, transmettait son pouvoir à la dernière personne à laquelle elle touchait la main. Pour éviter ce don, on tendait à la moribonde un mouchoir ou un objet quelconque.

La puissance de l'eau contre le mal

Plantes magiques

La signification de crânes d'animaux à la porte des maisons. Je n'ai jamais rien entendu et personne n'a pu rien me dire à ce sujet.

 

La protection des animaux: Au moment des «Missions» qui ont lieu tous les 5 ans, les Missionnaires bénissent les maisons et les étables. Quand il y avait des épidémies dans le bétail on faisait venir le prêtre pour le bénir.

 

 

14 Chevrier basque

 

Légendes et mythologie basque.

Je ne connais pas de légende basque, sauf celle que j'ai lu dans le volume de l'Abbé Barbier et dans la revue «Gure Herria». Je n'en ai jamais entendu raconter par mes grands-mères qui n'en connaissaient pas. Les vieilles personnes que j'ai interrogées n'en avaient pas entendu raconter dans leur enfance, ce qui m'incite à croire qu'il y a fort longtemps qu'on n'en raconte plus aux veillées.

Au dépouillement du maïs, «arto xuritzean» on joue encore aux devinettes. Autrefois on racontait quelques méfaits attribués aux sorcières: bruits de chaises dans la maison, bêlements de chèvres, lueurs qui s'allumaient et s'éteignaient dans la nuit. J'ai entendu parler des «laminak» créatures fantastiques, espèces de lutins assez bienveillants:

 

Basa-jaun et Bas-andere

Monsieur et dame sauvages ou sylvestres, mais simplement les noms, pas une légende. «Gizon-otsoak» les hommes-loups: personne n'en a jamais parlé ni entendu parler (du moins dans la bonne partie du Pays Basque que je connais).

 

16 Orga haur batekin bistre

 

Traces anciennes d'un culte d'avant le christianisme

On suppose que les fêtes de Carnaval correspondraient à des rites pré-chrétiens pour célébrer la fête du renouveau, la remontée du soleil dans le ciel et l'allongement des jours. Les feux de la Saint-Jean sont une survivance de traditions païennes. A l'aube de la Saint-Jean, avant le lever du soleil, on accroche des bouquets ou des croix de joncs tressés aux seuils des maisons, des branches d'aubépine dans les champs.

La bénédiction de l'air, qui se fait tous les dimanches de la belle saison avant la Messe, au cours d'une procession autour de l'église; la bénédiction de la mer, le jour de la Trinité à Socoa, semblent être des cérémonies anciennes reprises par la religion chrétienne.

De même les processions de Saint Marc et de Rogations, les pèlerinages à différentes chapelles, qui ont été souvent édifiées à l'endroit où il y avait des tumulus ou des vestiges romains (Saint Sauveur d'Iraty ou la Madeleine de Tardets).

 

 Ziganteak tambour major

  

 

Egin behar

Voir introduction de livre français sur comptines

Auteurs cités par Lafitte dans Kantuz : Donostia, Chales Bordes, Sallaberry, Lamazou, Gallop, Nehor et Dufau, Santesteban, Vogel, Bossières.

Consulter livre : Indumentaria baska de Bernardo Estornes Lasa, Euskaltzaleak, Benat idatziak editor, Donostia. Itxaropena Zarzuz, côte au Musée basque : P 1667

Testu atxeman behar : Lua lua txuntxurun berde, lua lua mazuzta, Aita...

Article Louis Sagardoy dans bulletin du Musée Basque ??? (Lucien)

« Bartotx » : Erguy familia.

Présentation du livre, la phrase terrible de Jean Baratçabal : « Que reste-t-il du Pays Basque de mon enfance ? Rien». Pour tenter de la démentir...

 

Lacarry pastorale 1 Picabéa



Iconographie

 

Zeruko argian : Sauveur Haramburu Pierre Duny-Pétré ekin.

Manez haurra, Otto forgeron

Clément Haritschelhar, Txilen, zaldiaren gainian, 1912 ?

Etxeak ? Zaron eta Aintzilen

Gure hil harria, Donibane Garazin  

Aldudeko eskola, ikasle guziekin

Garaziko ikastola
Furruna et lapatinak, prendre photo

Expo musée de Bilbo

Tableaux flamands: fêtes

Boticelli: Vierge et Saint jean plus roses rouges

 

Chevrière Picabéa

 

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Published by Pierre Duny-Pétré
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  • : Xirula Mirula de Pierre Duny-Pétré
  • Xirula Mirula de Pierre Duny-Pétré
  • : Recueil de comptines, de jeux, de chants, d'expressions populaires en langue basque, province de Basse Navarre au début du XXe siècle. Haur kantu, haur joko eta erranaldi bilduma, ahozko haur literatura, papaitak, zuhur hitzak Garazin
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