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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 20:36

Delphine Lubet

Nahas-mahas, zonbait erran-zahar


Publié dans le Bulletin des amis de la vieille Navarre, n°XII, année 2003.

Delphine Lubet est aujourd'hui (en 2011) une dame d'un âge respectable...  native de Saint-Jean-le-Vieux. Elle a traduit en eskuara plus de 70 fables de La Fontaine qui ont fait l'objet d'une publication et d'une édition en CD.

 

Mendiak lauda, zelaiak hauta.

Louons la montagne, choisissons la plaine.

Eiheran egon eta, bidean laster.

Qui s’attarde au moulin, court sur le chemin.

Barrika hutsa, dena azantza.

Barrique vide, beaucoup de bruit.

Harria bota, eskua gorde.

Qui jette un caillou, cache la main.

Arbola ederrenak, bere itzala.

Le plus bel arbre a son ombre.

Zauriaren gainean, pikoa.

Sur une plaie, une autre blessure.

Lasto su, laster su.

Feu de paille, feu éphémère.

Maita zazu trunkoa, izanen da zure Jainkoa.

Tu aimeras un balourd, il sera ton Dieu.

Ganderailu hotz, negia botz.

Froid à la chandeleur, hiver joyeux.

Ganderailu bero, negia gero.

Chaleur à la chandeleur, hiver plus tard.

Bazko goiz baliz, martxoz ez baliz.

Si Pâques arrive tôt, pas de mois de mars.

 

 

Donibane Garazin haur batek jostatzen

 

 


Alexandre Alchourroun

Proverbes et dictons, publiés par le Bulletin des Amis de la vieille Navarre, n°XIV, 2005.

L'auteur a vécu au XXe siècle, il est originaire d'Arnegi dont il fut le maire.

 

Elurra bere aroan asegarri, andik atera gosegarri.

La neige en sa sason est productive, hors de saison elle produit faim et famine.

Lan lasterra, lan alferra.

Travail vite fait, travail de fainéant.

Maite zazu trunkoa, izanen da zure Jainkoa.

Aimez un tronc (un homme balourd), il sera votre Dieu.

Arrats gorri, goiz haize edo euri.

Crépuscule rouge, le matin sera venteux ou pluvieux.

Goiz gorri, atxeko itherri.

Aube rouge, pluie pour le soir.

Goiz ortzadar, arrats iturri.

Arc-en-ciel le matin, fontaine le soir.

Otsoak otsoari, gaizik ez. Eta lapurrak lapurrari, besarka.

Le loup ne fait pas de mal au loup. Le voleur embrasse le voleur.

Otso gosea ibilkari.

Le loup affamé marche.

Unaiak oiher unaiak.

Le vacher n’aime pas le vacher.

 

Espainako karrika, balcon, Picabea

(Gérard Pikabearen bilduma)


Edozoin beretzat eta Jainkoa ororentzat.

Chacun pour soi et Dieu pour tous.

Ororen belazean belarra labur.

Dans le pré de tous, l’herbe est courte.

Gezurrak buztana labur.

Le mensonge à la queure courte (il est facile de trouver le menteur)

Ur onean dago.

Il a de bonnes intentions.

Ur gaiztoan dago.

Il a de mauvaises intentions.

Ez egin oihanean ederrez denik karrikan.

Ne faites pas dans la forêt ce qui n’est pas considéré bien dans la rue.

Izar dago galura eta ikusten dira adardun izarrak.

La nuit est étoilée et l’on voit des comètes.

Heletarrak saindu mokorrak.

Les saints austères et durs de Hélette.

Haltzuarrak bele jaleak.

Habitants de Halsou, mangeurs de corbeaux.

Larresorotarrak xipa xorroak.

Habitants de Larresore, mangeurs de vairons.

Senperetarrak belaun buru handiak.

Habitants de St-Pée, gros genoux.

Hazpandarrak, ipurdi handiak.

Habitants de Hasparren, gros culs.

 

Porte d'Espagne urrunetik, Picabea

(Gérard Pikabearen bilduma)

 

 

Baratçabal raconte...

 

Duvert Michel, Decha Bernard, Labat Claude : Baratçabal raconte... La vie dans un village basque de Soule au début du XXe siècle, Lauburu, 1998, 445 p. Nous remercions l’association Lauburu d’avoir accepté la reproduction d’extraits de cet ouvrage dans ce blog.

M. Jean Baratçabal est originaire de Sunharette, 1903-1990.

 

Chapitre 2  L’enfance dans la vallée

 

La naissance

 

On dit aux enfants que les nouveaux-nés sont venus dans une valise. Ils sont généralement présentés par la sage-femme qui les annonce au père en ces termes : «Ça y est, c’est un garçon, pottikoa. C’est une fille, «neskatxuna». La parturiente est généralement couchée au lit Mais il est arrivé qu’elle ait accouché sur une peau ce chèvre. Parfois, c’est aussi la coutume d’accoucher accroupie devaant le feu, surtout quand il n’y avait pas de sage-femme. On n’a pas connu de siège spécial pour cette opération. Souvent la grand-mère, parfois d’autres voisines et même le père, assistaient à l’accouchement.

Aux premières douleurs, on allait chercher la sage-femme avec une voiture à cheval. A Alçay, c’était Etchecopar de la maison Urrutibeheti qui faisait le transport aller-retour. Parfois, en temps de neige, la sage-femme venait à pied de Tardets. On attendait le temps qu’il fallait... si possible !

Elle défaisait le cordon, séparant la mère et l’enfant. Le placenta était enterré. On prenait une bande d’étoffe, un bout de toile de fil généralement en lin et on en entourait l’enfant au niveau du nombril. Plus tard, sont venues les bandes «Velpeau». On mettait une goutte de nitrate d’argent au 1/150e dans les yeux du nouveau-né en prévision de futures maladies vénériennes, par prophylaxie. Pour les enfants mal formés, rien à faire. A la croissance, le docteur s’en occupera. Après l’accouchement, la sage-femme revenait vers 9 heures, neuf jours durant, pour faire les soins de propreté de l’enfant et de la mère. Elle soigne le nombril de l’enfant, elle lui lave la tête. Une croyance voulait que les enfants ne devaient pas téter la mère (bularra eman) avant le baptême. Ainsi, chez Methola à Alçay, maison éloignée, deux ou trois enfants moururent.

On ne faisait pas de cadeaux lors des naissances. En revanche, le parrain paie celui qui sonne la cloche (zeinüzaina) pour le baptême et on fait une invitation directe au prêtre pour partager un repas (sans extra).

 

Couple souletin Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma)

 

Eliza sartzea. C’est une vieille tradition. Après les relevailles, à la porte de l’église, la femme qui venait d’accoucher se présentait, le dimanche pour la messe. Le prêtre, accompagné de l’enfant de coeur portant de l’eau bénite, allait à sa rencontre. Il la bénissait. La femme posait sa main sur l’étole et le prêtre la conduisait jusqu’à la table sainte. Elle était alors purifiée !

 

Le baptême. En cas de danger de mort, la sage-femme, généralement, baptise l’enfant avec la formule liturgique :«Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit», tout en versant de l’eau. Le baptême a lieu immédiatement, dans les 24 heures. C’est la sage-femme qui porte l’enfant jusqu’à l’église. Là, c’est la marraine qui le prend. Le baptême a lieu à l’église paroissiale. On ne donnait pas de cadeau à cette occasion. On n’embrasse pas un enfant avant cette cérémonie.

Un enfant naturel est porté le soir à l’église, caché dans le «kaputxina». Sinon, il est vêtu d’une robe, d’un bonnet et d’un voile blanc pour faire joli. Si la famille n’a pas ce qu’il faut, la sage-femme portera ce qui servit à sa propre fille. Ainsi, ces vêtements auront servi à plusieurs baptêmes.

 

Aussurucq 1 Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma) 


Les soins à l’enfant. Le berceau est une sorte de traineau ressemblant à un vaisselier en bois. Plus tard, l’enfant sera mis dans korralea, le parc. L’enfant est couché dans le berceau, sur le dos ; il a les bras allongés le long du corps. Tout le corps est enveloppé dans des troxa korda, cela pendant un an. On gardait les bébés tout ce temps couchés à l’obscurité (peut-être à cause des mouches). La maman donnait à têter pendant un an au moins ; ensuite, l'enfant était nourri avec de la bouillie de farine de blé ou de maïs. Pour favoriser la dentition, on donnait à mâcher de la croûte de pain. Pendant la grossesse, la maman évitait l’excès de sucre, afin que l’enfant ne soit pas gros et sujet au dibète. Quand on pensait que l’enfant avait mal à l’oreille, on y versait le lait de la maman, il était tiède.

 

Tardets merkatia 1 Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma)


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Published by Pierre Duny-Pétré
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  • Xirula Mirula de Pierre Duny-Pétré
  • : Recueil de comptines, de jeux, de chants, d'expressions populaires en langue basque, province de Basse Navarre au début du XXe siècle. Haur kantu, haur joko eta erranaldi bilduma, ahozko haur literatura, papaitak, zuhur hitzak Garazin
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