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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 21:26

 


2- Arri, arri !

 

Arri, arri, mandoko!

Bihar Iruñarako.

Hantik zer ekarriko?

Zapet eta gerriko...

Hek oro, norendako?

Gure haurrarendako!...

edo

Gure Manex endako!...

Gure Maider endako !...

 

Hue, Hue, muleton!

Demain vers Pampelune.

De là-bas, que rapporter?

Souliers et ceintures de laine...

Tout cela pour qui?

Pour notre enfant!...

 

Seule la phrase finale est sujette à des variations notables. Une habitude très répandue consiste à y mentionner le prénom de l’enfant, ce qui donne par exemple:

...Pour notre petit Jean!...

...Pour notre Marie-Belle!...

On récite cette formulette lorsque l’enfant monte sur les genoux d’un de ses parents pour s’y placer à califourchon. Il convient alors de soulever et de laisser tomber les genoux, sur un rythme saccadé, afin d’imiter le trot supposé d’un mulet.

 

Source : mes souvenirs d’enfance de 1914 à 1920, familles Duny-Pétré/Carricaburu, rue d’Espagne à Saint-Jean-Pied-de-Port.

 

 


Variante

 

Arri, arri, mandoko!

Bihar Garruzerako.

Hantik zer ekarriko?

Zaku bat kukuso...

Hek oro, norendako?

Gure haurrarendako!...

 

Hue, Hue, muleton!

Demain vers Garris.

De là-bas, que rapporter?

Un sac de puces...

Tout cela pour qui?

Pour notre enfant!...

 

Source : Odette Elgart-Erguy, maison Beterbidea, Beyrie sur Joyeuse, 2007.

 

Bi emazte astoaren gainean 2

 

3- Iruñeko ferietan

 

Iruñeko ferietan,

Iragan San Ferminetan,

Ehun zaldi arribatu, Andaluziatik tropan,

Merkatu eder bat zautan,

Zaudelarik bi lerrotan !

 

Aux foires de Pampelune,

Aux dernières (fêtes de la) Saint-Firmin,

Cent chevaux (sont) arrivés d’Andalousie, en troupe,

J’avais là un beau marché,

Alors qu’ils se trouvaient sur deux rangs.

 

Référence :  voir le recueil Kantu, kanta, kantore,  poésie complète de 15 couplets de Joanes Oxalde, page 184, Bayonne 1967.

 

Ce modeste élément représente en réalité un véritable document historique, si l’on en juge par toute l’importance économique et sociale que dût avoir autrefois la ville de Pampelune. Malgré la frontière, cette antique capitale des Vascons rayonnait bien plus qu’aujourd’hui jusqu’au sud de l’Aquitaine.

A Garazi, les plus anciennes générations se souviennent encore des caravanes muletières qui parcouraient continuellement la montagne au début de ce siècle. La silhouette pittoresque de l’infatigable mandozaina navarrais était alors familière sur les innombrables sentiers qui franchissaient les ports. Chaussés d’abarkak, vêtus d’un boléro et d’une culotte de velours serrée à la taille par le large gerriko de laine rouge, les muletiers au verbe sonore s’arrêtaient alors devant les auberges ou les magasins de Saint-Jean-Pied-de-Port. Ils y déchargeaient leurs outres de vin luisantes et ventrues ainsi que beaucoup d’objets de consommation courante fabriqués au-delà des monts. On peut même considérer qu’ils étaient seuls à assurer le petit commerce international du Pays Basque intérieur.

Plus tard, la modernisation des moyens de transport a hâté la disparition de nos anciennes coutumes. Parmi celles-ci, on ne saurait passer sous silence les célèbres foires paysannes de la San Fermin où les Basques de toutes les provinces accouraient à Pampelune. D’ailleurs, beaucoup de nos compatriotes fredonnent souvent une jolie chanson populaire, dont le premier couplet évoquerait à lui seul tout un passé brillant et révolu, ressuscité par le rythme saccadé du galop des bêtes.

 

Rue d'Espagne Pétré serrurier 2Donibane Garazin (1900), Españako karrika

 

4- Kaderan, kaderan

 

Kaderan, kaderan, lumatxa,

Xantxin-gorri, neskatxa,

Heldu zauxu mamutxa,

Badixi moko beltxa...

Hupala, hupala, nik altxa!...

 

Dans la chaise, dans la chaise, petite plume,

Sanche-le-rouge, fillette,

Il vient vers toi, l’insecte,

Il a un bec noir...

Hop, hop, moi je soulève!...

 

Ce petit poème s’adresserait plus spécialement à une fillette, comme semble l’indiquer la deuxième ligne du texte. La personne qui tient l’enfant sur ses genoux récite les vers en détachant bien les syllabes. Ainsi se trouvent rythmés les mouvements qui imitent un galop de plus en plus précipité. Enfin, en prononçant la dernière phrase, on saisit la fillette sous les aisselles pour la tenir à bout de bras, le plus haut possible au-dessus du sol, en faisant mine de la soustraire aux atteintes de l’insecte rouge xantxin-gorri, (probablement une coccinelle). Cette manoeuvre tend à provoquer chez l’enfant des rires et des cris de joie.

A noter l’existence du prénom Xantxin, qui correspond à l’espagnol Sancho. Xantxin se trouve accolé au qualificatif gorri. On peut alors se demander quelle est la signification de Sancho-le-rouge. Un rapprochement n’est-il pas possible avec: Kattalin-gorri, Mari-gorri, ou Andere-kota-gorri? Etant donné que ces expressions désignent familièrement la coccinelle, il est possible que Xantxin-gorri ait eu la même signification à l’époque où fut inventé l’amusement qui nous intéresse ici.

Xantxin, diminutif de Santso, est un vieux prénom qui pourrait évoquer les plus belles pages historiques de l’antique royaume de Navarre. Beaucoup de rois basques qui s’illustrèrent, dès le haut moyen âge, dans la lutte contre les Maures, s’appelaient Santso, Zantzo, ou en espagnol Sancho. 

 

Gazte bat, 1907

Gizon bat, 1907 

 

 

 

 

 

5- Ttalo, ttalo

 

Ttalo, ttalo, Amatxi!...

Nun den egun, notaki?

Erreka xiloan ehortzi.

Otsoak jan du, ba naski,

Ba naski...ba naski,

Ba naski, ba naski!..

 

Petite galette, petite galette, Grand-mère!...

Où est-elle aujourd’hui, qui sait?

Dans le creux du fossé, enterrée.

Le loup l’a mangée, sans doute,

Oui sans doute... oui sans doute,

oui sans doute... oui sans doute!...

 

Source: famille Idieder/Duhalde, 1954 à Iholdy.

 

Afin de se livrer à ce jeu, le bébé n’est pas nécessairement installé sur les genoux d’une grande personne.  Il peut aussi bien se tenir debout sur le sol. Mais alors, vu sa petite taille, il faudra que son partenaire adulte soit assis devant lui. Pour réciter la formulette, on articule nettement chaque mot, tout en se frappant réciproquement les paumes des mains, de façon que l’enfant puisse marquer, lui aussi, le rythme des phrases. Enfin, les derniers  ba naski sont lancés à une cadence accélérée, de telle sorte que le petit, ne pouvant plus suivre les mouvements, se met bientôt à rire et réclame un nouvel essai. L’onomatopée enfantine ttalo, ttalo évoque aussi l’aplatissement d’une galette basque, taloa, battue et façonnée par les mains de la fermière.

 

 Basa jauna burdin 2bis

      Mamu bat (burdinezko gerrena atxikitzekoa, supazterrian)    


6- Mamu

 

Mamu - u - u!...

Iluna dugu - u,

Heldu da Mamu - u,

Hemen da sartu - u,

Orro ta oihu - u,

Bai eta kexu - u,

Mamu - u - u!...

 

Mamu!...

Nous avons la nuit,

Il arrive, Mamu,

Il est entré Mamu,

Rugissant et criant,

Oui, et en colère,

Mamu!...

Source: mes souvenirs d’enfance de 1914 à 1920, familles Duny-Pétré/Carricaburu, rue d’Espagne à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Lorsque l’enfant n’est pas sage, sa maman le menace de l’intervention épouvantable de Mamu. La formule suivante a été conçue de telle sorte que l’on puisse appuyer fortement sur les finales en u, afin de produire, au bout de chaque phrase, un long mugissement.

Dans mon enfance, j’ai eu le privilège de connaître Mamu. C’était une apparition extraordinaire: une sorte d’ombre noire, énorme et envahissante, qui se dressait au milieu des ténèbres en gesticulant sans bruit, qui disparaissait ici pour réapparaître là-bas... Etant donné qu’autrefois l’éclairage était rare dans les vieilles demeures basques, j’ai longtemps cru à la présence de ce Mamu, car le soir il me suivait silencieusement dans l’escalier, il se réfugiait dans l’obscurité du grenier, et lorsqu’il était surpris, il se dissimulait toujours dans un coin sombre de la maison, et Dieu sait combien il y en avait! Un soir cependant, j’ai fini par percer le mystère de Mamu. Comme je pleurais dans mon lit à la suite d’un caprice quelconque, je vis arriver doucement une personne entièrement recouverte du grand capuchon noir que portaient les femmes pour aller à l’église. C’était une sorte de longue cagoule, qui descendait jusqu’aux pieds, et dont quelques exemplaires doivent certainement exister encore, soigneusement pliés dans de grandes armoires. C’est alors que je reconnus une voix familière qui récitait avec application la formule effrayante de Mamu. Cette démonstration me donna aussitôt une irrésistible envie de rire. Un rire qui ne s’arrêta que lorsque Mamu, complètement désemparé, finit par disparaître comme il était venu.

 

Porte France Kaputxino

Donibane Garazin, emazte bat kaputxinarekin

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Published by Pierre Duny-Pétré
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  • Xirula Mirula de Pierre Duny-Pétré
  • : Recueil de comptines, de jeux, de chants, d'expressions populaires en langue basque, province de Basse Navarre au début du XXe siècle. Haur kantu, haur joko eta erranaldi bilduma, ahozko haur literatura, papaitak, zuhur hitzak Garazin
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