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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 20:35

Comptines

 

Pour endormir l’enfant.

Niña, buba lotzeko minak har zitzala.

Que la grande envie de dormir s’empare de toi.

 

Niñan buba, ñiñatto bubatto

Niña, buba haurra düzü ttipitto eta dena gaixtotto.

L’enfant est tout entier petit et tout entier méchant (affectif).

 

Llo ñeñe, lo tra la la (3 fois)

Niña, buba

Lo hadi ejerki

Ni jin artino.

Petit enfant, sommeille, dors joliment jusqu’à ce que je vienne.

 

Santa Madalena Atharratzen

 

 

Quand la maman allait travailler :

Niña buba

Lo zite

Berala jinen nüzü.

Bébé dormez

Je viens tout de suite.

 

Quand l’enfant était un peu plus grand, on ajoutait :

Ez ziteala gaixki egiten ari.

Ne faîtes rien de mal.

 

Arri arri mandoko,

Tzapat ta gerriko,

Zakata bat küküso (edo baka bat küküso),

Hurak ...tako.

(et on embrasse l’enfant, haurra besarka).

Hue, hue, muleton,

Pantoufles et ceinture,

Un sac plein de puces,

Tout cela pour... (on nomme l’enfant).

 

Arri arri zamatto,

Bihar Iruñerako,

Hantik zer ekarriko ?

Txapat ta gerriko,

Horik oro norendako ?

Hue hue muleton,

Demain pour Pampelune,

De là-bas, que rapporter ?

Souliers et ceinture,

Tout cela pour qui ?

 

Sauguis 2 Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma)

 

Comptines et façons de faire liées au marché de Tardets

 

On faisait une barrière de verdure dans le village. Là, les enfants attendaient le retour de ceux qui étaient allés au marché de Tardets (merkatzaleen haidürü), ils espéraient ainsi avoir des bonbons (huntto ükeiteko) et ils disaient :

Feida, feida,

Ez düenek ekartzen,

Joanen dira

Atarrratzeko zübün behera,

Porrü herrokatzera.

Cadeau de marché, cadeau de marché,

Ceux qui n’en portent pas,

S’en iront sous le pont de Tardets

Planter en rangées des poireaux.

 

Tardets merkatia 2 Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma)


Comptines en rapport avec les dents de lait

 

Quand on arrachait la dent de lait à l’enfant, on la jetait vers le haut de la cheminée en disant :

 

Asto hortz,

Sor hadi

Axuri hortz.

Dent d’âne,

Repousse

Dent d’agneau.

 

Quand une dent tombait, on disait :

Zer deik sagüak ?

Ahoala pixegin.

Que t’a fait la souris ?

Elle t’a fait pipi à la bouche.

 

Alos pastorale 4 Picabéa

(Gérard Picabéaren bilduma)

 

Autres comptines

 

Mündüna, mündüna,

Mikrela, txantxeta,

Perreta, kastilla xibace (cheval en béarnais),

Feida, feida,

Madama litxerra (plat long pour cuire les rôtis).

Flikun flakun

Bena tuba.

Intraduisible.

 

Kirra jurra

Mirra zanta

Patatena patapi

Niña buba

Kattalina

Nor da hila ?

Maialanda

Barda ezer jan dü ?

Aza eta porrü

Jan eta dolü.

...Intraduisible...

Petit enfant dors,

Qui est mort ?

... Qu’a-t-il mangé hier soir ?

Chou et poireau

Il a mangé et deuil.

 

Xilurari, ttun-ttun, Picabea

(Gérard Pikabearen bilduma)

 

L’adulte assis faisait mettre l’enfant sur ses propres pied et le tenait par la main. Puis il levait l’enfant en levant ses pieds et disait :

Haputxi, haputxi !

Mot intraduisible, mais peut-être à rapprocher de «hupa !» que l’on emploie en soulevant un enfant.

 

On prend l’enfant dans ses bras et pour l’amuser on fait ceci :

Zilar baba, zilar baba,

Soizü txori ttipia,

Kili ! Kili !

Fève d’argent, fève d’argent,

Voyez le petit oiseau (on fait signe de regarder en l’air)

Kili ! Kili ! (onomatopée de chatouille) et on le chatouille sous le menton.

 

Lacarry 2 Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma) 


L’enfance et la scolarité

 

A cette époque, il y avait environ cinq à six enfants par maison. L’année où j’ai passé le certificat, quatre garçons et une fille (ce qui était rare) furent reçus. Cette dernière avait été préparée par M. Larrègle, car autrement, chez les filles, personne ne fut reçu. Il n’y eut personne de reçu non plus dans les communes voisines de Lacarry et d’Alos. On apréciait la valeur de nortre instituteur, notre village en était fier.

Au collège, très peu étaient originaires de la vallée : un frère et sa soeur, moi et une de mes cousines. Par ailleurs, les maisons avaient peu d’argent et le collège était payant. Tous n’avaient donc pas l’occasion de poursuivre des études ; dans ma génération, je crois qu’il y eut trois séminaristes natifs d’Alçay qui ont pu ainsi poursuivre des études.

La «boule basque». A l’école, on avait une canique blanche (bille) que l’on ne désirait pas voir dans sa poche. C’était la «boule basque». Si on était pris avec, on était puni d’office. Pourquoi ? parce qu’on avait parlé basque ! C’était formellement interdit. Celui qui l’avait ne s’en vantait pas. C’est avec des ruses de Sioux qu’il essayait de s’en débarasser. Un copain venait vous voir et, l’air de rien, vous demandait : «Comment tu dis en basque ceci ou cela? » Et pan ! On ne savait jamais où était la boule. Parfois même, elle était dans la poche de votre meilleur copain... Certains jours, elle faisait plusieurs poches. Alors, arrivant en classe ou après la récréation, l’instituteur M. Larrègle, disait : «La boule, au coin !» Et on y allait. A genoux ! C’était l’humiliation. Mais je peux dire que hors de l’école et dans le village, ça ne marchait pas ! C’est comme si on avait eu deux vies, celle de l’école et l’autre.

 

Barcus faucheurs Picabéa

 

      (Gérard Pikabearen bilduma) 

 

Jeux d’enfants

 

Le jeu de billes (kanikakan) est surtout un jeu de garçons. On y jouait de préférence l’hiver. Il fallait gagner le plus possible de billes sur l’adversaire. On jouait n’importe où : dans la cour, au bord des routes. On était enragé à ce jeu (errabiatürik). Il en existait deux sortes : au triangle (hiru kantu), au trou (xiloan).

Les filles jouaient au jeu d’épingles. On faisait un cercle avec un bâton ou une craie. Les épingles étaient de couleurs variées ; de loin, on les jetait une par une dans le cercle, puis avec une chiquenaude par coups successifs, on poussait hors du cercle les adversaires et on s’éliminait progressivement. La dernière restante gagnait.

Le lancer de pelote est aussi un jeu de filles. On lançait la pelote en l’air, en compliquant les mouvements de plus en plus (battre les mains, tourner les bras, se retourner) avant de saisir la pelote qui retombe.

Garçons et filles ont des jeux communs. Ainsi : saute-mouton (primoka) ; à celui d’en bas (astoa), on lance un béret qu’il ne faut pas faire tomber ; chat et souris (sagüa eta gatüa) ; à cloche-pied (txingilika) ; aux quatre coins (lau kantukan) ; au mouchoir (bukanasa) ; à cache-cache (gordaxka) ; ttanpokan : un joueur qui compte est placé face à un mur, il faut le toucher sans qu’il s’en aperçoive ; à colin-maillard (ütsu-mandoka) ; marelle (artzain jokü) ; saut à la corde (filles surtout) avec plusieurs variantes. La corde est tenue par le sauteur lui-même ou par deux autres (on l’élève de plus en plus haut). On saute sur un pied, puis sur l’autre, puis sur les deux.

 

Tardets pilotariak Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma) 

 


Le lancer de pierre (habaila) soit avec une fronde à élastique, soit avec des cordes.

La toupie (zipota, dantzado) que l’on lance le plus loin possible. Quand la toupie tourne rapidement sur place, on dit qu’elle dort (lo da). Ce jouet était fait à partir de bobines de fil à coudre.

Jeu de lancement de la pièce de monnaie (patrakoa). On lance le patrako, il faut en renverser un autre debout, posé sur un bouchon, qui appartiendra à celui qui l’a renversé.

Plus grands, ceux d’Alçabehety et de Sunharrette se lançaient des défis, des jeux d’adresse qui étaient essentiellement des tirs sur cibles. Les vieux servaient de juges et tout s’achevait par un repas avec les truites du gave.

Jeux de cerceaux (kürküilakan) : ce sont des cercles de tonneaux, on les pousse et on les fait rouler avrec un bâton.

Le jeu de balapunpa se pratique avec une sorte de sarbacanne, on la fabrique à partir du sureau que l’on vidait. On introduisait de l’étoupe (üztüpa), on la poussait avec une tige faite de noisetier.

Il y avait le parapluie (parasol) que l’on fabriquait avec des tiges de maïs. Un mouvement de va-et-vient faisait fermer et ouvrir les « baleines ». C’était joli et amusant.

Hüxtua, c’est le sifflet que l’on fait avec une branche de frêne (lexarra) avec le couteau ou une pierre. On tapote la branche pour sortir l’écorce (axala) et travaille rle bois sous forme de sifflet.

La pelote connaît de nombreuses variantes contre le mur, c’est le jeu indirect bien connu (botülüzea). On y jouait soit à la place du village, soit dans une prairie plate (soro ordokian). On était deux contre deux (biga eta biga) ou plus (jusqu’à cinq). Pour commencer, il faut buter. Il y avait alors de chaque côté une pierre plate où on faisait bondir la pelote avant de la lancer. La pelote était souvent en drap (oihalez). Il fallait la saisir au vol. On jouait en 25 ou 30 points. On employait les termes classiques : Jo ! Hire ! Eni ! Il y avait les parties classiques (partida), la revanche (arrabanja), la belle (lilia). On jouait village contre village. Le premier but ne comptait pas, on disait «lehena gaixtoari». Il y avait les marqueurs : xixariak. Quand la balle dépassait la limite, on disait : paso !

Le lancer des pierres (harri urtukika) qui se fait de plusieurs façons : par-dessus l’épaule (besagainka), sous le bras (besapez), de dessous la jambe (zankapetik).

Le saut du béret : on tient le béret entre les mains, il faut sauter par dessus sans le lacher.

Il y avait aussi le lancer de barre (barraka), selon plusieurs modalités : droit (xûxen), xankarte, xankagibel, entre les jambes (il ne fallait pas bouger les pieds) ; mais ici, ce sont des jeux d’adultes que les enfants pouvaient imiter à leur façon.

 

Tardets palanka Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma) 

 


Il y avait des jeux d’osselets faits avec des os de pattes de mouton ou de porc. Les filles se mettaient au dessus d’une planche ou d’une table, car le placement de ces os avait une grande importance. Elles les lançaient en récitant une formule que j’ai oubliée.

On jouait souvent à des jeux très simples ; on n’avait rien de compliqué. Souvent on improvisait. Je me souviens d’un jouet que nous fabriquions. Dans une planche, avec la scie, on faisait deux roues que l’on reliait par un essieu auquel on fixait un timon. Nous promenions ainsi les filles. Mais le plus passionnant pour nous, c’était ceci : on mettait une planche à l’articulation du timon et de l’essieu ; on s’asseyait dessus et on se laissait porter en se mettant en haut d’une forte pente, le timon traînant à l’arrière. On fonçait ! On avait à la main un bout de bois pointu qui nous servait de frein pour essayer de s’arrêter en bas à l’arrivée. J’avais six à sept ans peut-être, un jour le bois a échappé de mes mains, je suis passé à travers une haie et j’ai roulé sur environ dix mètres, jusqu’à la route creusée en contre-bas. Je me suis relevé avec une simple bosse et des égratignures, mais j’étais désolé, j’avais cassé mon chariot. Tout le village avait défilé pour voir le trou dans la haie. On disait qu’il y avait un Dieu spécial pour les enfants.

 

Carriole enfant, Picabea

(Gérard Picabéaren bilduma)

 

On a fait un autre type d’essai, ce fut deux ans après environ. Quand il venait faire sa tournée au pays, mon oncle de Bayonne me promenait. Il neigeait alors et il me dit que les jeunes glissaient sur la neige avec des bois, il me décrit ça en gros. Avec mes copains, je décide alors d’essayer. On coupe des branches de châtaignier, on les fixe avec de la ficelle pour leur donner la forme. Un jour de cuisson de pain, on les met dans le four à sécher. Puis, pour fixer les pieds, on cloue une petite barre de bois ; elle permettra de mettre quelque ficelle pour s’attacher. Mais tout cela a pris beacoup de temps et l’hiver est parti sans nous attendre. On a bien fait quelques essais et on finissait sur le dos... Alors on a compris qu’il fallait des bâtons. Finalement, on a mieux réussi sur le pré sans neige. Mais on a abandonné ces tentatives.

Il est très difficile de parler de jeux particuliers pour les enfants de cette époque. Le jeudi et le dimanche de mon enfance, le travail dominait. C’est-à-dire qu’il fallait s’occuper des bêtes, vaches et moutons ; en particulier , surveiller aux champs et très souvent une bonne partie de la journée.

Puis ce fut la guerre, c’était pire que tout. Ce n’était plus du travail d’enfant ! On avait 10 ans, et le soir, après toutes ces tâches, il nous tardait d’aller au lit. L’été, c’était partichulièrement dur ; l’hiver nous pouvions nous amuser, surtout s’il y avait de la neige. On faisait des batailles de boules de neige, on roulait des bonhommes de neige, etc.

Il n’y avait pas de jouet que nous achetions, aussi les petites filles n’avaient pas de poupée. Très très jeunes, elles apprenaient à faire du crochet, des chaînettes en cheveux ou en fil de soie. Elles parlaient de «points» entre elles, de leurs variétés, des nouveautés. Il faut dire que les couturières pouvaient se procurer des catalogues de grands magasins et toutes ces demoiselles s’occupaient entre elles.

 

Licq 2 Picabéa

 

(Gérard Pikabearen bilduma) 


L’été, on tournait un peu autour des premières cerises et pêches, puis du raisin. Parfois, filles et garçons se baignaient dans le torrent, l’Aphuroa ; mais avec un vieux pantalon pour les garçons, et une vieille robe pour les filles. Sinon, il n’y avait pas de réunion d’enfants à l’occasion de jeux. C’est le dimanche qu’on allait avec les grands pour participer à des jeux.

Après l’école, chacun rentrait chez soi. A l’école même, les garçons jouaient à la pelote sous le préau, ou à saute-mouton ; les plus petits jouaient à colin-maillard. On avait très peu de caniques, il fallait les acheter et nous n’avions pas de sous. Mais parfois, un parrain ou un oncle nous en offrait un petit sac. On les jouait, on en gagnait, on en perdait, mais ce jeu n’avait aucune vogue parmi nous.

On avait des complicités très fortes avec la nature. Quand je demandais des explications à mes parents sur les évènements naturels, j’avais deux sortes de réponse. Mon père me disait : «C’est le miracle de la Nature» et ma mère : «C’est le bon Dieu qui fait tout ça».

On jouait avec la coccinelle, grande dévoreuse de ce fléau qu’est le puceron. Coccinelles que les insecticides déciment ! Pour nous, elle indiquait le temps. On la mettait dans la main que l’on étalait en direction du ciel et on lui chantait en basque : «Jolie bête à bon Dieu, vole vers le soleil ou reste pour la pluie». S’il devait faire beau, elle montait sur le majeur, jusqu’au bout et s’envolait. Si elle allait vers le bas, il allait pleuvoir.

 

Alçay mascarade Picabéa

(Gérard Pikabearen bilduma)  

 


Devinettes, papaitakan, ikusi mikusikan

 

Voici quelques devinettes ; si l’on ne trouvait pas de réponse, on disait : «üho egiten dit», je donne ma langue au chat.

Nik ikusten lau andere algarrondozko eta ez seküla algar atzamaiten. Zer da ? Orga errotak.

Je vois quatre dames les unes derrières les autres et qui ne se rejoignent jamais. Qu’est-ce que c’est ? Les roues de la charette.

 Nik ikusten aitañi bat bilo bat bera burün gainen. Zer da ? Pertika.

Je vois un grand-père qui n’a qu’un cheveu sur la tête. Qu’est-ce que c’est ? L’aiguillon.

Ikusi mikusi, zer ikusi ? Ikusi mikusi... Nik ikusi O...

Qu’as-tu vu ? Moi j’ai vu O...

Si on ne trouvait pas, on répondait :

Zer egiten dü ? Que fait-il ?

On donnait un renseignement, par exemple : Ehaiten, il tue.

A la fin, on donnait la réponse : otsoa, le loup.

 

Alos pastorale 5 Picabéa

 

(Gérard Pikabearen bilduma) 

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Published by Pierre Duny-Pétré
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  • : Xirula Mirula de Pierre Duny-Pétré
  • Xirula Mirula de Pierre Duny-Pétré
  • : Recueil de comptines, de jeux, de chants, d'expressions populaires en langue basque, province de Basse Navarre au début du XXe siècle. Haur kantu, haur joko eta erranaldi bilduma, ahozko haur literatura, papaitak, zuhur hitzak Garazin
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